La route du menu « AU GOÛT DU MONDE »!

Par Miho MINOSHIMA

Les souvenirs d’un tour du monde ont trouvé leur adresse à Aix. Hélène et Franck, après une année de voyage, ont réalisé leur rêve en ouvrant un lieu d’échange et de partage de leur goût du monde.

les souvenirs du voyage Les souvenirs du voyage qui ornent leur restaurant « AU GOÛT DU MONDE »

 Rencontre inattendue

Leur projet de vie a commencé par la rencontre inattendue de leurs rêves communs. Hélène travaillait dans la finance à Londres et Franck dans le transport maritime à Marseille. Il n’y avait aucune connexion entre eux deux. Ils se sont retrouvés autour de l’idée partagée de faire un voyage autour du monde. Tous deux avaient le même projet sans se connaitre jusqu’à ce qu’une amie commune les présente. « Toute l’histoire existe grâce à elle. » sourit Franck. Ils ont pris contact par e-mail et quatre mois après, ils sont partis pour leur voyage.

Sortir de la routine et découvrir un nouveau monde

« Quand on a un rêve, il faut essayer de le réaliser. Si on en a la possibilité, il ne faut pas le laisser passer. » lance-t-il.  Il a commencé à construire ce projet depuis qu’il était lycéen.  Il y a plusieurs raisons pour passer à l’action mais ce qui l’a poussé à le faire était l’envie de sortir de la routine, de découvrir d’autres cultures et de vivre des aventures et des imprévus. Pour obtenir cette expérience incomparable, il n’a pas eu peur de démissionner de son travail. Retrouver un emploi, ça ne lui a jamais posé de problèmes. Il a ajouté comme un des points essentiels pour faire ce type de voyage : « Il faut le faire jeune ». Il se disait aussi que s’il attendait trop, il ne ferait plus le même voyage, il ne voudrait plus le faire de la même manière et voudrait plus de confort. « Peut-être que j’aurais peur de partir si je me suis investi plus dans mon travail. » ajoute-t-il. Il ne faut pas attendre d’être prêt pour faire un grand changement, il faut du courage et du dynamisme pour créer le timing par nous-même.

Route du tour du monde

Ils ont pris leurs gros sacs à dos le 4 janvier 2010 et les ont posé le 21 décembre  suivant. Pendant 352 jours, ils ont visité une quinzaine de pays qu’ils ont choisis ensemble, dans l’ordre, la Thaïlande, le Cambodge, le Vietnam, le Laos, l’Inde, l’Indonésie, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Polynésie, l’île de Pâques, le Chili, l’Argentine, la Bolivie, le Pérou et le Brésil. Ils ont choisi les pays qui les intéressaient culturellement ou des endroits où il y avait certaines choses à voir. De plus, ils ont eu conscience du climat pour qu’il ne fasse pas trop froid car ça augmenterait le volume de leurs bagages. Ils ont aussi choisi des pays éloignés de la France pour profiter du temps disponible d’un an.

Les grands déplacements étaient en avion qu’ils avaient planifié à l’avance. Sur place, dans les différents pays, ils se déplaçaient soit en bus, soit en train, soit en scooter qu’ils ont souvent loués en Asie du sud-est. En outre , ils ont fait du stop de temps en temps et ça a bien marché, même pour une longue distance en Australie !

Ils ont généralement logé dans des « guest houses » comme des petits hôtels familiaux sans prétentions. Ils cherchaient toujours à dormir, autant que possible, dans des endroits qui ne coûtaient pas trop cher mais ils ont toujours évité de dormir dans les auberges de jeunesse où les gens font souvent des fêtes ou du bruit et où le but est souvent de rencontrer des gens de même origine. Ils ont voulu plutôt profiter du voyage que des fêtes, se reposer tranquillement sans trop de bruit et rencontrer les habitants locaux.

A travers les rencontres, ils ont remarqué que les français étaient vraiment connus à l’étranger pour être des râleurs ! C’est un point très intéressant du voyage : on peut se rendre compte de ce que les étrangers pensent sur nous et sur notre culture.

Hélène et Franck sur l'Ile de Pâques

 Hélène et Franck au bord d’un cratère d’un volcan sur l’Ile de Pâques

Rien d’autre que l’indispensable

« On a porté un minimum de choses, évidement, parce qu’on transportait un sac à dos tout le temps pendant un an. » dit-t-il. Chacun avait un grand sac à dos qui pesait environ 12 à 15kg. Ils avaient très peu d’habits comme un T-shirt et un pantalon pour chacun, des sous-vêtements pour tenir une petite semaine, deux paires de chaussures, une petite trousse de pharmacie et les guides pour chaque pays. Ils portaient un ordinateur pour tenir le blog en voyageant et évidement un appareil photo pour prendre leur millier de photos !

Fantastique Bolivie

« Le pays plus fascinant et impressionnant, c’est souvent le même pays, la Bolivie. » dit-t-il, sans hésitation. Certainement chaque pays avait des charmes différents et ils les ont aussi appréciés mais ce qui leur a plu de la Bolivie, c’est l’authenticité du pays. Parmi les pays de l’Amérique du Sud qu’ils ont visités, la Bolivie était moins touristique donc plus authentique. Les boliviens conservaient leur culture dans la vie actuelle et ne vivaient pas pour la montrer aux touristes. Ils étaient toujours habillés de manière traditionnelle et ça leur a donné l’impression qu’ils étaient vraiment dans une culture différente. En plus de la culture, le paysage était magnifique et inoubliable. Notamment, le panorama du Salar d’Uyuni, qui est un des plus grands salins dans le monde, s’est gravée dans leurs mémoires.

le désert du Sud Lipez en Bolivie

Le paysage à couper le souffle : le désert du Sud Lipez en Bolivie

Une belle rencontre à Bora bora

« Il y a beaucoup de très bons souvenirs comme les paysages magnifiques devant lesquels on restait pendant des heures mais un qui nous a marqué, c’est une rencontre en Polynésie, à Bora bora » dit-t-il. A leur arrivée sur l’île, ils n’avaient rien pour manger. Sur la route, ils ont rencontré un pêcheur local qui vendait ses poissons. En les voyant, il leur a offert les poissons qui lui restaient. Comme ils n’avaient pas grande chose pour cuisiner dans l’hôtel, il les a invités chez lui et a fini par cuisiner ses poissons de trois manières différentes. Il n’a même pas mangé avec eux c’est-à-dire qu’il a vraiment cuisiné pour eux. Cette pure hospitalité, qui n’a rien à voir avec ce qu’ils avaient et sans attendre rien en retour, est restée dans leurs cœurs. « Deux jours plus tard, on l’a invité dans notre petite chambre et on lui a offert un hamburger. » sourit-t-il. Dans le monde d’aujourd’hui, malheureusement, on ne peut guère rencontrer une telle hospitalité. Un des grands charmes du voyage c’est qu’on peut souvent retrouver des états d’esprit qu’on a perdus ou oubliés dans la modernisation.

Comme cet accueil chaleureux et la pauvreté dans certains endroits en Inde, etc… il y avait beaucoup d’expériences qui les ont étonnées sur le chemin. « Effectivement on a vu beaucoup de choses à la télé mais d’être sur place, ça n’a rien à voir. » affirme-t-il. Ce qui est resté dans leurs têtes sont les émotions, les impressions et les sentiments qu’ils n’attendaient pas ou des endroits ou des conditions réelles qu’ils ne pouvaient pas connaitre au travers de la télévision.

Les leçons de la route

« Sans aucun doute, j’agis différemment au niveau de la consommation, par exemple l’électricité et l’eau. Je fais beaucoup plus attention à ces choses-là. » assure-t-il. Les rencontres avec des gens qui vivaient avec beaucoup moins que nous lui ont fait réfléchir au gaspillage dans la société moderne et les contacts avec la nature lui ont donné une petite conscience écologique. « Le voyage, ça m’a fait réfléchir beaucoup là-dessus. » dit-t-il.  De plus, les rencontres avec les gens qui habitaient avec moins de choses mais plus de bonheur lui ont fait reconnaitre que la richesse matérielle ne faisait pas forcément le bonheur. « On a beaucoup de choses mais on est souvent insatisfait…éternellement » dit-t-il. « Pourquoi il nous faut toujours plus, pourquoi il nous faut le dernier téléphone, la dernière télé… Alors qu’il y a des gens qui n’en ont pas mais ils sont peut-être plus heureux que nous. Après, ce sont aussi des sociétés différentes donc on ne peut pas vraiment comparer non plus mais ça fait quand même relativiser là-dessus. » ajoute-t-il. S’il restait dans la même société tout le temps, il n’en aurait peut-être pas conscience ou n’aurait aucun doute sur sa manière de consommer. Le vrai voyage n’est pas seulement prendre de jolies photos mais aussi apprendre des choses qui n’existent pas ou plus dans notre société.

A ne pas oublier avant de partir…

« L’ouverture d’esprit, doit être une priorité. Si on est fermé et on ne pense qu’à sa culture, on est là juste sans essayer de prendre ou donner quelque chose. C’est toujours un échange culturel. « Il affirme l’importance de partager la culture. Certainement, le voyage permet d’ouvrir son esprit mais il faut aussi volontairement essayer de s’adapter et accepter la culture étrangère. N’importe qui peut aller à l’étranger mais la qualité des expériences sur place dépendent de la façon comme on agit ou comme on communique. Dans ce type de voyage, on a aussi besoin de jeunesse car il faut évidement de la force physique. Il ajoute que, pendant les moments fatigants, ce qui le supportait toujours était sa motivation, « l’envie de voyager ».

Pourquoi à Aix-en-Provence?

Après un an du tour du monde, ils se sont installés et ont ouvert le restaurant « AU GOÛT DU MONDE » à Aix-en-Provence. Selon lui, il y avait trois raisons principales pour laquelle ils ont choisi cette ville. D’abord, il voulait simplement rester dans sa région, le sud, où il a fait ses études et où sa famille habite. Ensuite, il y a deux raisons combinées, sa taille et son potentiel. Aix est une petite ville de taille humaine, sympa et jolie avec une culture, des commerces, des activités et de la jeunesse. C’est une ville attrayante. En plus, pour la raison commerciale d’implanter un restaurant, c’était un bon choix car ce genre de restaurant manquait à Aix par rapport à Marseille. Donc il y avait un potentiel de se démarquer un peu des autres lieux qui existaient déjà à Aix. Pour tenir un restaurant, il faut connaître le caractère des habitants, non pas seulement des touristes, et parmi les villes dans cette région, les Aixois ont la réputation de sortir et dépenser de l’argent donc c’est une bonne ville pour lancer une affaire. « On n’en est pas déçus. » sourit-il.

Pourquoi un restaurant?

Le projet d’ouvrir un restaurant est né pendant le voyage ! Sur leurs chemins, il y avait beaucoup de plats qui leur ont plus et ils auraient bien aimé les faire découvrir en France. Par ailleurs, ils voulaient créer un lieu de vie où il pourrait avoir des échanges et des contacts avec les gens comme ils faisaient toujours pendant leur voyage. « On avait envie de créer notre entreprise, d’être nos propres patrons. » dit-t-il. Ils ont discuté sur ces idées et formé petit à petit ce projet ensemble en voyageant. Juste après avoir fini le voyage, c’était le bon moment pour tenter de réaliser leur rêve. « Sinon on commence à retrouver des boulots dans notre secteur, enfin on ne reviendra jamais à faire quelque chose de moins sécurisant. » affirme-t-il. Aujourd’hui, dans leur propre restaurant, ils continuent à rencontrer les gens et servent leur goût du monde!

l'intérieur du restaurant

« AU GOÛT DU MONDE » est plein d’exotisme et souvenirs.

« AU GOÛT DU MONDE »

Dans la rue des Bernardines, se situe ce restaurant original, exotique, chaleureux, convivial, relaxé, amical et multiculturel. L’intérieur est aux couleurs vives et décoré par leurs souvenirs du voyage comme les instruments de musique, leurs gros sacs à dos, les objets exotiques et notamment plein de photos qui ornent les murs et les tables ! On peut découvrir la carte de tapas du monde, les bières du monde, les vins du monde, le mango lassi, le chaï et autant de boissons exotiques. On se sent comme si on avait voyagé après une visite à ce restaurant. Les prix raisonnables comme « le plateau découverte » avec 6 tapas pour 2 personnes coûte 29 euros. Je vous invite vivement d’aller découvrir leur goût du monde et discuter avec Hélène et Franck!

le plateau découverte

Le plateau découverte avec 6 tapas pour 2 personnes

La route vers un menu « AU GOÛT DU MONDE » est…

38 rue Bernardines, 13100, Aix-en-Provence
HP : http://augoutdumonde.fr   et Page facebook : Au goût du monde

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>