L'actrice Liu Shishi 刘诗诗 en renarde dans une série adaptée 
des récits du Liaozhaizhiyi 斋志异 de Pu Songling 蒲松龄 (1640-1715).
 
Comme indiqué dans le précédent billet, nous poursuivons notre découverte des xiaoshuo anciens en langue classique avec la « Biographie de Dame Ren » (Renshizhuan 任氏傳) de SHEN Jiji 沈既濟 tel que le Taiping guangji 太平廣記 ou Vaste recueil de l’ère de la Grande Paix (981) la restitue. [Voir le polycopié SINQ12-03, pp. 2-5]. Lors du cours du 3 novembre, nous n'avons vu que le premier extrait, qu'on reprendra lors de la prochaine séance, le 17 novembre, avant de travailler les trois autres passages.

 

On pourra se faire une idée des parures appréciées par les femmes de la dynastie Tang en consultant le site suivant (ici) repéré par Li Shiwei qui a fait des lectures sur le sujet qui indiquent que le blanc était alors la couleur des gens ordinaires. C'est aussi la conclusion à laquelle était arrivé André Lévy qui donnait dans une note attachée à sa traduction l'indication suivante : « Le blanc est en Chine couleur de deuil, mais à l'époque des Tang c'était aussi bien la couleur du vêtement des roturiers, c'est-à-dire de toutes personnes sans fonctions officielles. Yla Monschein, Der Zauber der Fuchsfee, [Franckurt : Haag un Herchen, 1988,] p. 131, y voit « la couleur de l'innocence ». La suite ne mentionne nulle part quelque rapport avec le pelage de l'animal. » [Histoires d'amour et de mort de la Chine ancienne. Chefs-d'œuvre de la nouvelle (Dynastie des Tang. 618-907). Paris : Aubier, « Domaine chinois », 1992, p. 41. ]

 

Voir en complément :

 

• Jean Lévi, « Ren la Renarde : une élaboration romanesque du thème de l'épouse animale », La Chine romanesque. Fictions d'Orient et d'Occident. Paris : Le Seuil, « La librairie du XXe siècle », 1995, pp. 276-292, troisième partie du chapitre intitulé « Le Renard, la Morte et la Courtisane » (pp. 220-301). [BU. 809.3LEV] : « La beauté et la force de la nouvelle Ren la Renarde tiennent à ce que les prémices merveilleuses aboutissent à une dénonciation sociale d'autant plus forte qu'elle est masquée par le fantastique. » (p. 290)

 

• La première réédition de 1962 de la traduction française (sans doute réalisée d'après la version anglaise de 1954), publiée en 1958 à Pékin aux Editions en langues étrangères sous le titre « Jen La renarde fée » dans le recueil Contes de la Dynastie des Tangs est disponible à la BU [895.109 002 CON]. Voir pages 19 à 32. Celle d'André Lévy, « Pauvre renarde. Biographie de dame Ren » figure dans le recueil signalé plus haut et sa réédition en format de poche : GF-Flammarion, n° 985, 1997, pp. 25-52. [BU : 895.130 08] : « L'originalité, l'exemplarité de l'œuvre de Shen Jiji tient [aussi] à son parti pris d'épouser la cause de la renarde, au point de la faire figurer dans le titre même et de la déclarer digne d'une « biographie », zhuan, genre réservé aux êtres humains du sexe fort dans la tradition historiographie chinoise. » (p. 49) ; « Le soin apporté aux « détails qui font vrai » révèle un véritable romancier animé par le souci de vraisemblance qu'exige l'étrange, l'extraordinaire incroyable. » (ibid.)

 

NB. L'université fermant ses portes les 9, 10 et 11 novembre,

le prochain cours aura lieu le 17 novembre.