« Article précédent | Article suivant»
25 novembre, 2009 17:06
Invitation à une conférence
Par kaser, Catégories [ Général ][ (0) Commenter ] | [ (0) Rétroliens ]

Li Zhanyang 李占洋 , « Rent » 《"租"—收租院》
Collection Yard, History Observed, Joseph Beuys, Mao Zedong. Résine époxy, 195 x 217 x 160 cm, 2007.
Courtesy galerie Urs Meile, Lucerne- Pékin.
La jeune équipe de recherche Littératures d'Extrême-Orient, textes et traduction (LEO2T), vous invite à venir le mardi 1 décembre 2009 à partir de 15 h, salle polyvalente du 1er étage du bâtiment de la scolarité, écouter Anny Lazarus, doctorante dans notre formation, présenter les travaux qu’elle conduit sous la direction de Noël Dutrait pour sa thèse. Son exposé portera sur l’« Art contemporain chinois, trois décennies : 1979-2009 » et traitera des « conditions d'une émergence » et de « l'actualité de l'art et ses débats ». Il s'achèvera sur une sélection d'œuvres récentes.
Anny Lazarus a présenté récemment pour l’obtention d’un Master, un mémoire intitulé « La critique d'art en Chine après 1979. Entre dépendance idéologique et recherche de liberté : le cadre de son émergence, les conditions de sa pratique. » ; la thèse qu’elle prépare porte le titre d’« Art contemporain en Chine : les outils conceptuels des critiques d'art chinois. Modèles théoriques et vision de l'histoire, légitimation et validation en œuvre dans le (re)-fondement de la discipline depuis 1979 ».
Résumé : L'état des lieux de la situation des critiques d'art en Chine continentale depuis 1979 révèle que ceux-ci présentent la critique d'art comme une nouvelle discipline qui s'est construite à partir des traductions d'ouvrages occidentaux publiés au milieu des années 1980, négligeant le riche héritage des traités picturaux classiques. De plus, pendant plus d'un siècle et demi, chez les intellectuels progressistes, modernité a résonné avec le savoir occidental. La culture classique, en particulier la langue et l'écriture, était considérée comme un fardeau féodal. Sous le régime maoïste, les intellectuels ont été les cibles d'une campagne visant à réduire à néant toute forme de pensée, avec comme point culminant la Révolution culturelle. La mission assignée à l'art était alors de servir la révolution. En 1979, le parti adopte une nouvelle politique accompagnée de la "libération de la pensée" et les critiques d'art se sont de suite engagés auprès des artistes non officiels en luttant contre la censure. Ma thèse cherchera à éclaircir comment ces intellectuels ont forgé leurs outils conceptuels pour aborder des œuvres novatrices, comment fonctionne aujourd'hui la relation très ancienne en Chine entre esthétique et politique, relation réactivée en 2003, avec la décision du Parti communiste de renforcer le nationalisme en "réhabilitant" le confucianisme. Un autre axe de ma recherche concernera certains auteurs français comme Foucault, Deleuze, Derrida ou Bourdieu, particulièrement estimés chez les jeunes artistes chinois, en tentant d'évaluer leur influence. Dans un premier temps, je travaillerai sur des textes en chinois de critiques d'art (Gao Minglu, Wang Lin, Li Xianting, Zhu Qi...). En faisant une synthèse de mes traductions je tenterai de présenter les démarches théoriques de ces auteurs et de comprendre comment ils légitiment leurs concepts en particulier vis-à-vis de l'histoire. Mon projet consiste aussi à comprendre dans la situation très particulière de la Chine à la fin du XXe siècle, l'influence des critiques dans le champ de l'art, ainsi que la fondation ou re-fondation de la discipline et son inscription dans l'enseignement supérieur en Chine après 1979.
Je vous rappelle que Solange Cruveillé soutiendra publiquement sa thèse de doctorat la veille à partir de 14 h, salle des professeurs. Pour un résumé, voir le blog de l'équipe > ici.




