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30 mai, 2009 22:50
SINB03/2 : Quatre maîtres : Mengzi, Xunzi, Mozi, Yangzi
Par kaser, Catégories [ SINB03/2-SINB11 ][ (0) Commenter ] | [ (0) Rétroliens ]
Les deux derniers cours d'Histoire de la Chine 2 nous ont permis de commencer à passer en revue les différents courants de pensée qui ont marqué la très riche période des Printemps et Automnes et celle encore plus dynamique des Royaumes combattants. Après plus d'une séance consacrée à Confucius dont un précédent billet a rapidement rendu compte, voici un bref rappel des éléments bibliographiques utilisés pour traiter de Mengzi 孟子 et de Xunzi 荀子.

Mengzi • 孟子 • Mencius
孟子(前372年~前289年)*, 山东邹城 (Zoucheng)人。名轲(Ke)。
[*dates traditionnelles]
« Originaire d’un petit pays limitrophe de Lu, patrie de Confucius, Mencius aurait étudié auprès d’un disciple de Zisi 子思 (env. 485-420 av. J.-C. ?), petit-fils du Maître formé par son disciple Zengzi 曾子 (env. 505-436 av. J.-C. ?), filiation directe qui fait de lui l’héritier spirituel de Confucius. » Voir Anne Cheng, Histoire de la pensée chinoise. Paris : Le Seuil (1997) 2002, p. 160 et le chapitre 6 : « Mencius, héritier spirituel de Confucius » (pp. 159-187).
- ETIEMBLE, Confucius de -551 (?) à 1985. Paris : Gallimard, « Folio-Essais », n° 40, (1956) 1986 : « Le legs », pp. 146-168 ;
- Jean LEVI, Confucius. Paris : Albin Michel, « Spiritualités vivantes », n° 198, (2002) 2003, pp. 246-256.
- MENCIUS. Traduit par André LEVY. Paris : Editions You-Feng, 2003. 212 p. Réédition en poche : Paris : Editions Rivages Poche « Petite Bibliothèque », n° 615, 293 p. : « Introduction », pp. 7-27 ; traduction complète (avec les caractères chinois dans les notes de bas de page), pp. 29-278 ; bibliographie, pp. 287-291 ; appendice 1. biographie du penseur dans le Shiji 史記 (pp. 279-280) ; a2. évocation du dévouement de sa mère dans le Lienüzhuan 列女傳 (pp. 281-284) ; glossaire des « mots clés du Mencius» (p. 285). [voir un billet sur cette réédition, ici]
La traduction historique de Séraphin COUVREUR (1835-1919) est en ligne ici. Un extrait de cette traduction, savoir les chapitres I, II et IV, est disponible grâce à De l'utilité d'être bon. Paris : Editions des Mille et une nuits, n° 445, 2004, 79 p. Pour lire le Mengzi en chinois avec une traduction anglaise, ici.
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Xunzi 荀子• Xun Kuang 荀況 (vers -313 - vers -238)
« La nature de l'homme est mauvaise (xing e 性惡) : ce qu'il y a de bon en elle est fabriqué (wei 偽). » [人之性惡,其善者偽也。]
Voir A. Cheng, op.cit., pp. 212-233, chapitre 8, « Xunzi, héritier réaliste de Confucius » : « Le Xunzi semble représentatif d’une « deuxième vague » dans l’aventure philosophique des Royaumes Combattants. (...) Plus encore que Mencius, Xunzi s’impose comme un polémiste : sa pensée se construit dans et par la controverse et, sans toujours le reconnaître, se nourrit des idées qu’elle critique. » (p. 212).
Traduction française unique : Xun Zi (Siun Tseu). (Kamenarovic, I., trad.). Paris : Le Cerf, « Patrimoines/ Confucianisme », 1987, 364 p. Pour le texte chinois, voir ici.
Les deux penseurs sont envisagés par Nicolas Zufferey dans le même ordre au chapitre 4, « Le confucianisme : un héritage, une tradition, une invention », de son Introduction à la pensée chinoise (Paris : Marabout, 2008), pp. 73-85 (respectivement pp. 74-79 et 80-85). Le chapitre 5 de cet ouvrage est, quant à lui, consacré à « Mozi et les écoles moïstes » (pp. 91-104).
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Mozi 墨子 (Ve siècle av. J.-C.)
姓墨名翟 (Di)。生卒年不詳,大概是在前479年―前381年以内。
« [S]a pensée représente à la fois un prolongement et une critique radicale de l’humanisme confucéen » . Voir Anne Cheng, op.cit., pp. 94-109 : « Le défi de Mozi à l’enseignement confucéen »
« Le chef d’école qui devait avoir la plus profonde influence à l'époque des Royaumes combattants est Mozi. Issu sans doute de la classe des tout petits nobles, dont la situation n’a cessé de se dégrader depuis le VIe siècle, il dénonce l’esprit de clan, les luttes de prestige, la passion des richesses et les goûts de luxe propres à la haute noblesse ; à l'égoïsme familial qui inspire l’aristocratie, il entend substituer un idéal égalitaire et altruiste. Partisan d’un pouvoir autoritaire qui s’appuierait sur la classe à laquelle il appartient, Mozi apparaît comme le fondateur d’une véritable secte organisée, dont les membres font voeu de pauvreté et se mettent au service des opprimés. Ses sectateurs s’entremettent pour arrêter les guerres et défendre les cités injustement attaquées. D’autre part, l’importance attachée par la secte à la prédication explique le développement d’un art du discours qui aboutira, chez les disciples et les héritiers de Mozi, à une sophistique et à des recherches de logique malheureusement sans lendemain. » (Jacques Gernet dans Dictionnaire de la civilisation chinoise. Albin Michel, 1998, p. 168 – voir aussi Le Monde chinois (1999), pp. 86-87)
Mozi est associé chez Mencius [Mengzi, « TengWengong » 滕文公(下) -3B.9 ou 3B.14] dans un même mouvement de défiance qu'un autre penseur : « Les doctrines de Yang Zhu [楊朱] et de Mo Di [墨翟] envahissaient le monde. Qui ne se rattache à l'un rejoint l'autre. L'égoïsme radical [weiwo 為我] de Yang conduit à la négation du souverain ; l'amour universel [jian'ai 兼愛]de Mo à celle du père. Ignorer père et seigneur, c'est être ramené au niveau de bêtes sauvages. » [A.L. (trad.), p. 139] [楊朱、墨翟之言盈天下。天下之言,不歸楊,則歸墨。楊氏為我,是無君也;墨氏兼愛,是無父也。無父無君,是禽獸也。]
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Yangzi 楊子 • Yang Zhu 楊朱
« Mal connu Yang Zhu (ou Yangzi [楊子], « Maître Yang ») n'a laissé aucune œuvre ; sans doute vécut-il au Ive siècle avant Jésus-Christ. Selon une certaine tradition, il aurait été le disciple de Laozi, ce qui semble peu vraisemblable mais suggère une proximité avec le taoïsme. En réalité, ses idées sont assez anciennes, et ce serait donc lui qui aurait pu influencer le Laozi [老子] et non l'inverse.... L'idée centrale de Yang Zhu semble avoir été de « préserver sa vie » à tout prix (quan sheng 全生). Mencius, qui juge cette position inacceptable et choquante parce que égoïste, la résume en une formule lapidaire : « Yangzi s'en tenait au tout pour soi et, s'il l'avait fallu, n'aurait pas arraché un poil de son corps pour sauver le monde » [Mengzi, VII, A.26 (楊子取為我,拔一毛而利天下,不為也。), traduit par A. Lévy, 2008, p. 255 ] » N. Zufferey, op.cit., p. 110.
Sur ce penseur individualiste et hédoniste de l'Antiquité, dont la pensée est connue grâce au Liezi 列子(Livre VII ), voir N. Zufferey, ib., pp. 110-111 ; la notice « Yang Zhu [Yang Tchou] (actif vers 350) » de Kristofer Schipper dans Le Dictionnaire de civilisation chinoise (Albin Michel, 1998, p.790-791) ; A. Cheng, op.cit., pp. 168-169.
NB. Certains éléments de ce cours sont communs avec le cours de civilisation de Licence 2, SIND05-1 (SINZ22-2). Les étudiants de L1 peuvent consulter avec profit le document SIND05.1-Z22.2-SZJ.pdf. Voir notamment les pages 9, 15-18, 25-26.




