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07 octobre, 2009 23:11
Histoire de Chine 1 : premiers cours
Par kaser, Catégories [ SINA03/2-SINA11/2-SINZ21/1 ][ (0) Commenter ] | [ (0) Rétroliens ]

Le cours d'histoire de la Chine 1 (SINA03/2-SINA11/2-SINZ21/1) du lundi 5 octobre m'a permis de finir l'exposé des généralités incontournables pour envisager sereinement l'approche de l'histoire de Chine que nous allons mener ensemble pendant ce semestre. J'ai repris des éléments vus pendant le premier cours et ai commenté les textes qui figurent pages 4, 5, 14 et 15 du polycopié disponible sur Claroline.
J'ai aussi utilisé des documents figurant dans un ancien polycopié du cours d'Espace chinois ; les voici :
1. « L’histoire du monde chinois met en cause un très vaste ensemble géographique qui est loin d’être homogène : il s’étend de la Sibérie à l’équateur et des rives du Pacifique au coeur du continent eurasien. Ces immenses espaces présentent une grande diversité de conditions géographiques et une structure générale dont la connaissance est indispensable à la compréhension de l’histoire. (...) Les populations qui habitent ces régions du monde sont très diverses et se distinguent par leurs genres de vie, leurs cultures et leurs langues. (...) Dans ce vaste ensemble géographique et humain que constitue l’Asie orientale, les populations de langue et de culture chinoises, les Han 漢, forment aujourd’hui le groupe le plus important. Leur aire d’expansion s’étend sur près de 15 millions de km2, de la Sibérie (54° N) à Timor (10° S) et de Mindanaoo (126° E) au coeur du continent eurasien (73° E, méridien de Bombay sur les côtes occidentales de l’Inde). De Singapour, ville aux trois-quarts chinoise, à la vallée de l’Amour, la distance est la même que de Dublin aux frontières occidentales de la République Populaire de Chine. » Jacques GERNET, Le Monde chinois, Paris : Colin, (1972) 1980, p. 15.
2. « Un conflit entre le Pays du Milieu (Zhongguo 中國 ) et les barbares ne saurait s’appeler une guerre. (...) Les anéantir n’est pas à considérer comme inhumain, les tromper comme déloyal, occuper leurs territoires et confisquer leurs biens comme injuste. (...) Les anéantir afin de préserver l’intégrité de notre peuple n’est qu’humanité ; les tromper pour leur infliger ce qu’ils détestent à coup sûr n’est que loyauté ; occuper leurs territoires pour amender leurs moeurs par notre culture et nos valeurs, confisquer leurs biens pour augmenter les ressources de notre peuple n’est que justice. » (1646) WANG Fuzhi 王夫之 (1619-1692), Traduit par Anne CHENG in Histoire de la pensée chinoise. Paris : Le Seuil, 1997, p. 543.
3. « Dans la conception traditionnelle, la Chine n’est pas au centre du monde, elle est lemonde (litt. “tout ce qui est sous le Ciel”, tianxia 天下 ), un tout cosmique et moral. » Anne CHENG, Histoire de la pensée chinoise. (1997) [Chapitre 22 : « La pensée chinoise confrontée à l’Occident (fin du XVIII°-début XX° siècle). L’esprit de réforme, entre universalisme et nationalisme »]
4. « On a pu soutenir que, depuis deux millénaires, la population chinoise avait représenté d’une manière approximative le quart de l’humanité. Les reconstitutions concernant l’histoire de la population mondiale doivent être considérées d’un oeil critique. Il existe, néanmoins, un consensus au sujet de quelques repères : une soixantaine de millions de Chinois sur les 250 millions d’humains présents au début de l’ère chrétienne, et 100 à 120 millions sur les 400 ou 500 millions d’habitants de la planète vers 1200. La barre des 300 millions aurait été franchie dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. La Chine aurait compté 420 à 430 millions d’habitants en 1840, à peu près autant qu’en 1900. La croissance a repris, très modérée, dans la première moitié du XXe siècle. Le pays comptait environ 540 millions d’habitants en 1949. » Michel CARTIER, « L’histoire de la population », in Pierre GENTELLE (ed.), Chine. Peuples et civilisation. Paris : La Découverte, 1997, p. 86
J'ai également vivement conseillé la consultation des ouvrages de la collection « Que sais-je ? » (PUF) consacrés à l'histoire de Chine, au premier chef desquels le n° 1113 : Jacques GERNET, La Chine ancienne des origines à l'Empire. (1964) 2001, et le n° 1244 : Denys LOMBARD, La Chine impériale. (1967) 2001. [de - 221 à1911]. Je signalerai les volumes suivants le moment venu.
J'ai également utilisé un ouvrage de référence dont la consultation s'impose à maintes reprises. Il s'agit du complément au Grand Ricci, dictionnaire encyclopédique chinois-français paru en 8 volumes en 2001 [voir à la B.U., cote 495.132 4 RIC]. Ce volume est intitulé Aperçus de civilisation chinoise. Les dossiers du Grand Ricci. Il a aussi été publié par l'Institut Ricci (Desclée de Brouwer, 2003, 626 p.) et est également consultable (et empruntable) à la BU : cote 951 APE. Il offre notamment une chronologie détaillée (pp. 7-53) et son pendant géographique (pp. 55-99). Un survol du chapitre consacré au calendrier chinois (Jean-Claude Martzloff, pp.101-135) donnera une idée de la complexité du sujet. Une correspondance des années (pp. 130-135) entre le cycle sexagésimal et le calendrier grégorien sera utile pour mieux comprendre la subtilité de ce système qui fait l'économie d'une date fixe d'origine. Le système des nianhao 年號 (présenté p. 14 du polycopié) est également illustré tout au long des tableaux chronologiques cités plus haut.
J'ai, par contre, déconseillé l'utilisation d'ouvrages de vulgarisation tels que Xavier Walter, Petite histoire de la Chine (Eyrolles pratique,2007) et José Frèches, Il était une fois la Chine. 4500 ans d'histoire (XO, 2006).
Pour finir, je tiens à vous signaler l'ouvrage portant la cote 709.31 ELI à la BU : Danielle ELISSEEFF, Art et archéologie : la Chine du Néolithique à la fin des Cinq Dynasties (960 de notre ère). Paris : Ecole du Louvre, collection « Manuels de l'Ecole du Louvre », 2008. La qualité du texte et de l'iconographie (reproductions, croquis, cartes) font de cet ouvrage un excellent moyen d'approfondir certains aspects de l'histoire de la période prise en compte. Il propose, non seulement des données réactualisées par rapport aux ouvrages plus anciens, mais aussi un exposé d'une grande clarté et précision. Il donne, qui plus est, les caractères chinois pour tous les noms propres et les notions en graphies simplifiées et non-simplifiées.
Il a été également question du plus fameux ouvrage historique chinois connu en français sous le titre de Mémoires historiques (voir page 15 du polycopié), le Shiji 史記 de Sima Qian 司馬遷. Vous pouvez prendre connaissance de la traduction historique d'Edouard Chavannes (1865-1918) en consultant le site des Classiques des Sciences sociales et sa saisie numérique des six tomes de l'ensemble par Pierre Palpant : Les Mémoires historiques de Se-ma Ts’ien. (Traduction et annotations d’Édouard Chavannes). Paris : Librairie d’Amérique et d’Orient Adrien Maisonneuve, 1967. Pour l'introduction (Tome premier, pages I-CCXLIX.), il faut vous reporter ici.
Bonne lecture et à lundi.




