Colonialisme et résistance des Algériens | Mondes Arabe, Musulman et Sémitique

Colonialisme et résistance des Algériens

h20506805 | 03 septembre, 2009 19:21

Appel à contributions

Colloque international du 12 au 14 décembre 2009 à Alger

Dépôt des propositions de communication: 10 septembre 2009 

Organisé par le Laboratoire d'Histoire sur le Colonialisme (LAHISCO) de l'Université d'Alger (inteview de Mohamed El-Korso, fondateur du laboratoire, par Halim Boudjou), ce colloque sera axé sur la question centrale de la déportation des résistants durant la colonisation française.

1- Les Résistants algériens, les Insurgés et ceux qui ont enfreint la législation coloniale (deuxième moitié du XIX siècle), sont des déportés spécifiques, expulsés de leur pays par les autorités coloniales françaises vers la Nouvelle Calédonie et la Guyane. Continuer à les appeler « déportés », c’est occulter leur statut d’anticolonialiste et reconduire, inconsciemment, les accusations retenues contre eux par les autorités coloniales de « criminels », «d’ assassins », «de brigands » etc. C’est pourquoi, il sera question dans ce qui suivra, de Menfiyyûn pour déportés et ennefiyyû pour déportation. Ce qui donne du sens et de la profondeur à ces concepts, que le lexique de l’histoire coloniale n’a pas retenu de Menfiyyûn, est à différencier des Mûhadajarûne, exilés par l’autorité coloniale, mais en terre d’Islam. La sanction et la portée de l’une et l’autre peine, ne sont pas les mêmes. C’est pourquoi un recentrage terminologique s’impose. C’est la dimension historico-symbolique de ce drame humain mémorisé par le patrimoine culturel national qui garde à ce jour les traces vivantes de ces départs sans retour.

2-  La césure par le déracinement est amplifiée par la volonté des autorités coloniales et carcérales, de briser les liens du sang qui unissent les  membres d’une même tribu, puis à œuvrer dans le sens d’une déculturation générationnelle, dont l’aboutissement serait la dissolution des « Arabes » dans une société composite. En somme l’extinction de leur algérianité avec sa dimension culturelle, linguistique et religieuse.

3- En réaction à cette politique d’annihilation, les Menfiyyûn ont mis en place plusieurs mécanismes de défense. Ils ont commencé par  reconstituer  à l’identique, ou presque, l’Algérie qu’ils avaient quitté forcés et contraints, à recomposer le tissu social, culturel, religieux, à développer et cultiver des liens affectifs avec le lointain pays transmis d’une génération à l’autre. Cette résistance immatérielle, tient lieu de repères dans la préservation-reconstruction identitaire des  descendants des Arabes de Calidoun obligés de porter, jusqu’en 1935, deux prénoms, le premier chrétien, le second musulman.

4- La contre image que nous renvoie cette page d’histoire, sera la révolte des Canaques en 1878 qui verra une partie des déportés Communards et des Menfiyyûn se ranger du côté de l’administration carcérale contre les insurgés de la Nouvelle-Calédonie. Qu’en est-il au juste ? Comment expliquer ce comportement qui contredit l’histoire anticolonialiste des Menfiyyûn ? Ceux qui se sont rangés du côté de la répression, n’ont-ils pas renié leur passé ? Quel regard posent les descendants des Canaques sur les descendants des Menfiyyûn ?

5- La déportation coloniale plonge ses racines dans le XV siècle avec la traite des Noirs et l’esclavage. Quelle différence y a-t-il entre l’esclavagisme et la déportation? Quelle différence entre la traite des Noirs et la transportation-exploitation des Menfiyyûn el djazairiyyûn ? La France qui a proclamé en 2001, « crime contre l’humanité »  l’esclavage et la traite négrière, n’a-t-elle pas commis un crime contre l’humanité, envers les Menfiyyûn el djazairiyyûn , les Communards et tous les autres ? Ce crime sera  aggravé par l’application sélective de la loi d’amnistie générale de 1880, d’où furent exclus les « Arabes de Calidoun ». Approches historiques et approches juridiques, se conjuguent dans de pareils cas.  

Axes du colloque

1- Axe historiographique et méthodologique. 2- Axe historique. 3- Axe anthropologique. 4- Axe juridique.

1- Menfiyyûn et historiographie

  • Terminologie et conceptualisation.
  • Matériaux pour l’étude des Menfiyyûn.
  • Un intérêt récent pour une histoire oubliée.

2- Résistance armée et déportation coloniale.

  • La déportation coloniale, un objet d’histoire.
  • La Résistance armée, expression d’un combat identitaire.
  • La déportation, une donnée de l’idéologie coloniale.

3-  Acculturation et contre-acculturation.

  • Vivre la déportation.
  • Du déracinement à l’acculturation.
  • Préservation- reconstruction identitaire.

4- Menfiyyûn et déportés

  • Relations Menfiyyûn, Communards et autres déportés.
  • Les Menfiyyûn et la révolte des Canaques.                        .

5- Droit humanitaire international et déportation.

  • Déportation et exil forcé à travers le monde (études de cas).
  • Esclavagisme et déportation coloniale : approche comparative.
  • Esclavagisme et déportation coloniale au regard du droit humanitaire international.

Les personnes désirant présenter une communication à ce colloque sont priées de de bien vouloir  communiquer l’intitulé de leur  communication ainsi qu’un résumé de 500 mots avant le 10 septembre 2009.

Les communiquants retenus seront informés sur les modalités de prise en charge ultérieurement.

Les communications peuvent être présentées en français, an arabe et en anglais.

Contact: Mohammed El-Korso, djamel1000@yahoo.fr

Composition du comité scientifique

1- Mohamed El Korso, Professeur à l'université d'Alger, département d'Histoire,

2- Djilali Sari, Professeur à l'université d'Alger, département de sociologie,

3- Belkacemi Boualem, Professeur des Universités,  doyen de la Faculté des Sciences Humaines et des Sciences Islamiques, université d'Oran es Sénia,

4- Aïssa Kadri,  Professeur à l'université Paris 8, directeur de l'Erasme,

5- Pierre-Philippe Rey, Professeur à l'université Paris 8, département d'anthropologie,

6- Mustapha Nouicer, Maitre de Conférences à l'université d'Alger, département d'histoire,

7-  Daho Djerbal, Maitre de Conférences à l'université d'Alger, département d'histoire, directeur de la revue Naqd,

8- Djamel Yahyaoui, directeur du Centre d'Etudes et de Recherche sur le Mouvement National et la Révolution du 1er  Novembre. Alger,

9- Chakib Benafri, Maitre de Conférences à l'université d'Alger, département d'histoire,

10- Fouad Soufi, Conservateur en Chef aux Archives Nationales, Alger, directeur de la revue Insaniyat du CRASC 

 

Commentaires

Ou est le spécialiste de la Nouvelle Calédonie..

Mustapha ben Azri | 16/10/2009, 03:39

Je ne vois pas la spécialiste des algériens et kanaks de Nouvelle Calédonie qui est vraiment la référence, c'est à dire le docteur M.Ouennoughi. J'ai lu ses ouvrages, et c'est une mine de connaissances de plus elle a vécu de longues années en Nouvelle Calédonie auprés ce cette communauté de descendants algériens. Et je ne comprend pas pourquoi elle n'a pas été invité, je ne voie pas son nom, j'espère que c'est un oubli....sinon, c'est c'est grave...les plagistes...

organisation du colloque

Lionel.D | 15/10/2009, 13:26

Ce colloque ne mentionne pas son spécialiste qui fut à l'origine de cette organisation ??

le spécialiste : Mme Ouennoughi Mélica

Le colloque ne peut se faire sans celle qui a initié le projet de ce colloque,
en terme de droit de propriété intellectuelle et de respect du droit des chercheurs,

comment devons-nous réagir à ces piagias ??

Un historien chercheur qui prend connaissance du colloque dans cette surprise la plus totale.
Pour le respect de femmes chercheurs.

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