La mère (mer) au plus près : une magnifique évocation d'Albert Camus

Le 15 mai 2013, l'amphi de l'IUT a été le théâtre d'une très belle évocation d'Albert Camus par Mohand Chibout, avocat au barreau de Digne, et passionné de l'homme dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance.
Devant un parterre d'une soixantaine de personnes dont certains connaisseurs avertis, Mohand Chibout a consacré son intervention au portrait d'un homme "traversé de courants contraires" et habité par la présence de sa mère.

 

 

"POUR CAMUS
« La mer (mère) au plus près » ou  pour sous titre « Journal de Bord » (extrait du recueil de nouvelles  « L’Eté »)
Il y a  dans chaque homme un moment où celui-ci se révèle et ce moment constitue souvent ce qu’il va devenir. 
Pour Primo Lévi ce fut l’univers concentrationnaire qui l’obligea le restant de sa vie à tenter d’expliquer et de nous rappeler l’innommable.
Pour le Général de Gaulle, c’est refus de la débâcle et du défaitisme de 1939 qui le conduira à son appel du 18 juin 1940, appel qui va construire sa légende.
Pour Camus c’est, sans conteste, son enfance pauvre dans un quartier populaire d’Alger qui va guider son œuvre et toute sa vie d’homme. Au moment  où il apprend qu’il va recevoir le Prix Nobel de Littérature en 1957 à 45 ans sa première pensée va,  bien entendu à sa mère et puis à son instituteur du quartier de Belcourt Louis GERMAIN auquel il adressera ses mots : «  sans vous,  rien de tout  cela ne serait  arrivé ».
Camus a passé sa vie à convoquer son enfance pour expliquer ses engagements, ses reniements, ses amitiés, ses inimitiés…
L’œuvre de cet homme est si intense si importante à la croisée du philosophe, du romancier,  du dramaturge et du journaliste qu’il semble difficile d’englober toute la complexité et la richesse de son œuvre,  une œuvre suffisamment prolixe pour répondre à bon nombre de nos  questionnements sur la liberté,  la démocratie,  l’amitié,  l’amour,  l’engagement,  la fraternité en un mot sur la vie.
En cette année du centenaire de la naissance d’Albert Camus, c’est un moment bienvenu pour se livrer à une évocation de ce fils d’Alger par le prisme de son enfance algéroise…"
Mohand CHIBOUT
 

 

 

 


 

Une matinée « Commerce Équitable »

Le Mardi 27 Novembre, nous avons accueilli Mesdames Touquet, Thervelle, Favre et Monsieur Liautard, bénévoles de l'association « Artisans du Monde »(1). L'intervention s'est déroulée en cours d’Économie Sociale et Solidaire, enseignement assuré par notre professeur Madame Dominique Rouanet.

Les étudiants de 2ème année de DUT Gestion administrative et commerciale ont visionné le film "Tous Comptes Faits" d'Agnès Denis, réalisé en 2007 . La thématique du film portait sur la difficulté du métier d'agriculteur, chose principalement due à la pression qu’exerce la grande distribution sur les prix. En effet, celle-ci "sous-évalue" volontairement les produits livrés par les agriculteurs. Ceux-ci gagnent donc très peu d'argent et ne peuvent plus fonctionner de cette manière. On est bien loin du « juste prix » du commerce équitable et pourtant c'est en France que cela se passe !

Plusieurs groupes d'agriculteurs se sont formés afin de constituer des associations ayant un objectif commun : la sauvegarde de l'agriculture paysanne. Cette notion consiste à établir une relation gagnant-gagnant entre les consommateurs et les fournisseurs en instaurant une marge équitable. Cette manœuvre permet donc aux agriculteurs de vivre dignement. Nous avons abordé en cours le commerce équitable Nord/Nord avec les exemples des AMAP(2) et les magasins de producteurs.
Cette matinée a permis de sensibiliser les étudiants sur la cause agricole et d'introduire les notions du commerce équitable. Grâce à l'intervention des quatre bénévoles de l'association « Artisans du Monde » , les étudiants du DUT GACo ont pu découvrir le commerce équitable Nord/Sud à travers diverses coutumes illustrées d'exemples donnés par les intervenants.
 
Rédacteur : Lisa Lusardi
Correspondante communication DUT GACO

(1) Artisans du Monde, 1 place du Marché, au pied de la Cathédrale Saint-Jérôme – 04000 Digne les Bains
(2) Association pour le maintien d'une agriculture paysanne www.reseau-amap.org

Eau Secours : une série de manifestations pour que "l'eau soit déclarée bien commun de l'humanité"

Le collectif Mémoires de Résistance a choisi d'intituler sa 5ème manifestation annuelle EAU SECOURS. Elle s'est tenue à Digne-les-Bains du 25 au 29 janvier 2012.

Extrait du manifeste :
"En dépit des engagements répétés de la communauté internationale, l'accès à l'eau n'est toujours pas assuré pour des quantités croissantes d'être humains. Si rien ne change, la moitié des habitants du monde risque de manquer d'eau dans 20 à 30 ans. Symbolisant cruellement les inégalités qui déchirent la planète, l'accès à l'eau sera l'un des enjeux majeurs pour l'humanité au 21ème siècle. Les solutions existent mais la volonté politique de les mettre en oeuvre fait encore défaut. Heureusement, la résistance des peuples s'organise pour dire "L'eau est à nous! " et pour qu'elle soit déclarée "bien commun de l'humanité"...

Parmi les rendez-vous proposés par le collectif, l'IUT a accueilli une conférence de Pierre Blanc et une exposition "L'eau, une ressource vitale" proposée par la Ligue de l'Enseignement.

Pierre BLANC, Enseignant-chercheur en Géopolitique, Rédacteur en chef de Confluences Méditerranée, a prononcé une conférence sur le thème : "L'eau, enjeu de conflits : l'exemple du Proche-Orient ".
Extraits :
"Le Proche-Orient est le lieu même des violences hydrauliques. Dans un espace géopolitique marqué par l'aridité et la forte instabilité géopolitique, les rapports de force entre pays déterminent pour une grande part leur emprise sur l'eau. Au cœur des sociétés, des conflits naissent également et, là aussi, les rapports de pouvoir sont déterminants."

Au cours de son intervention, Pierre Blanc a abordé les situations hydro-politiques très conflictuelles qui caractérisent la région : les bassins du Nil, du Jourdain, de l'Oronte, de l'Euphrate et du Tigre.

 

Le conférencier Pierre Blanc, Christian Salmon, professeur d'histoire et président de l'association France Palestine 04 et Yves Alpe, professeur d'université et directeur de l'IUT de Provence.

Pierre Blanc pendant son intervention

 

Dernière conférence du cycle 2009 : un exercice magistral !

C'est une conférence qualifiée de "stimulante", pour reprendre les termes d'Yves Alpe, directeur de l'IUT, qu'il nous a été proposé d'entendre à l'IUT hier soir : Patrick Tort, philosophe et épistémologue, éminent spécialiste de Darwin nous a tenu en haleine pendant plus de deux heures sur le thème " Darwin : biologie évolutive et enjeux de civilisation".

Il y a 150 ans, en 1859, Darwin, après vingt années d’élaboration, publie « L’Origine des espèces ». C’est une révolution dans l’histoire des théories du vivant. Darwin y établit que la variation des organismes, dans sa confrontation permanente avec le milieu, est à la source de la transformation des espèces – que l’on croyait fixes et créées séparément par un acte singulier de la puissance divine – grâce au mécanisme de la « sélection naturelle » : les organismes porteurs d’une variation avantageuse dans des conditions déterminées survivent au sein de la lutte pour l’existence qui les oppose à tout ce qui, comme eux, tend à se reproduire en nombre illimité dans un monde limité. Ils transmettent ainsi cette modification bénéfique à leur descendance, qui la poursuit en l’amplifiant. Contre la théologie dogmatique, Darwin explique que la nature, au lieu de présenter le tableau d’une harmonie fixe, parfaite et préétablie, est en mouvement permanent, que les espèces se transforment, et que le moteur de cette transformation est un mécanisme résultant de l’ensemble des forces et des pressions qui s’affrontent au sein d’une réfection permanente d’équilibres mobiles dont la succession constitue les phases de l’histoire de la nature. L’histoire naturelle, s’affranchissant de la théologie, devient ainsi, proprement, une « histoire », celle des espèces vivantes et de leur incessante transmutation. Et l'homme, dans tout cela ?
L'homme, il en sera question dans la seconde partie de la conférence pendant laquelle Patrick Tort aborde le thème de la Filiation de l'Homme, autre ouvrage majeur de Darwin, dont les répercussions, prévisibles ou pas, se feront sentir dans la pensée marxiste et l'émergence de l'écologie politique.

Esprit bouillonnant et érudit, Patrick Tort est Agrégé de l'Université, Docteur d'État ès Lettres, Philosophe, Linguiste, Épistémologue, Historien des sciences biologiques et humaines, Patrick Tort est l'auteur d'une quarantaine de livres. Il est le créateur de l'Analyse des complexes discursifs, nouvelle méthodologie pour l'histoire des systèmes de pensée. Lauréat de l'Académie des Sciences pour son Dictionnaire du darwinisme et de l'évolution, Prix Philip Morris 2000 d'Histoire des Sciences pour l'ensemble de son œuvre, Chevalier des Arts et des Lettres, il a créé et dirige l'INSTITUT CHARLES DARWIN INTERNATIONAL (ICDI). Il a entamé, avec la collaboration de Michel Prum et d'une équipe universitaire, la traduction française et l'édition savante en 35 volumes de l'intégrale des Œuvres de Darwin. Ce travail devrait s'étendre tout au long du premier quart du XXIe siècle. L'Exposition Darwin, réalisée par l'ICDI, ainsi que le film Darwin et la science de l'évolution, coproduit par TransEuropeFilms et Arte, ont été également réalisés à  partir de ses différents ouvrages.