Validation par les Sages des comités de sélection des Universités
pcassuto | 06 août, 2010 14:25
Le Conseil constitutionnel a été saisi le 11 juin 2010 par le Conseil d'État, dans les conditions prévues à l'article 61-1 de la Constitution, d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) posée par MM. Jean C. et autres. Cette question portait sur la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit du deuxième alinéa du 4° de l'article L. 712-2 du code de l'éducation, ainsi que de son article L. 952-6-1. Le Conseil constitutionnel a également été saisi le même jour par le Conseil d'État, dans les mêmes conditions, d'une question prioritaire de constitutionnalité posée par le Collectif pour la défense de l'Université et autres. Cette question portait sur la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit des articles L. 712-8 et L. 954-1 du même code. Le Conseil constitutionnel a joint ces deux questions prioritaires de constitutionnalité pour statuer par une seule décision.Les articles L. 712-2.4° et L. 952-6-1 du code de l'éducation sont relatifs à la procédure de recrutement des enseignants chercheurs par les universités lorsqu'un emploi vient à être créé et déclaré vacant. Des comités de sélection, composés d'enseignants chercheurs et de personnels assimilés, apprécient les mérites scientifiques des candidats et, par un avis motivé, dressent la liste de ceux qu'ils retiennent. Ces dispositions interdisent au conseil d'administration de proposer au ministre chargé de l'enseignement supérieur la nomination d'un candidat non sélectionné par les comités de sélection. Dans ces conditions, le Conseil constitutionnel a jugé que ces dispositions ne violent pas le principe d'égalité, tous les candidats étant soumis aux mêmes règles. Associant les professeurs et maîtres de conférences au choix de leurs pairs, elles ne portent pas davantage atteinte au principe constitutionnel d'indépendance des enseignants chercheurs. Ce principe serait en revanche mis en cause si le « pouvoir de veto » du président de l'université pour ne pas prononcer une affectation pouvait se fonder sur des motifs étrangers à l'administration de l'université. Le Conseil a donc formulé une réserve sur ce point.
Les articles L. 712-8 et L. 954-1 du code de l'éducation sont relatifs au statut des enseignants chercheurs. Ils reconnaissent des pouvoirs au conseil d'administration qui s'exercent « dans le respect des dispositions statutaires applicables ». Au plus tard, à compter du 12 août 2012, toutes les universités bénéficieront des responsabilités et compétences élargies. Ces articles ne portent atteinte à aucun principe constitutionnel et notamment pas au principe d'égalité et au principe d'indépendance des enseignants-chercheurs.
Le Conseil constitutionnel a donc déclaré conformes à la Constitution les articles L. 712-8, L. 952-6-1 et L. 954-1 du code de l'éducation. Il en va de même du deuxième alinéa du 4° de l'article L. 712-2 sous la réserve relative au pouvoir de veto du président de l'université.
Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, se réjouit de la décision du Conseil constitutionnel rendue ce jour, qui confirme la conformité des nouvelles procédures de recrutement des enseignants-chercheurs, instituées par la loi du 10 août 2007, à la Constitution et notamment au principe d'indépendance des enseignants-chercheurs.
Les comités de sélection qui ont succédé aux anciennes commissions de spécialistes se trouvent ainsi confortées. Leur création constitue l'une des pierres angulaires de la refondation des universités engagée depuis 2007, en permettant d'accroître la transparence des procédures de recrutement et de lutter contre les risques de localisme. Composés pour moitié au moins d'universitaires extérieurs à l'établissement, les comités de sélection garantissent que les recrutements des enseignants-chercheurs par leurs pairs s'effectue en toute impartialité sur des critères d'excellence scientifique.
La Loi sur les libertés et responsabilités des universités permet tout à la fois de concilier un recrutement scientifique de qualité avec des comités de sélection qui permettent d'éviter le localisme et de juger en toute objectivité de la valeur d'un candidat et une reconnaissance de l'autonomie des universités qui passe par la construction d'une politique scientifique et pédagogique globale de l'établissement, dont le conseil d'administration est le garant.
Sur tous les articles de la loi - rôles respectifs du comité de sélection et du conseil d'administration, droit de veto du président d'université - l'interprétation du conseil constitutionnel rejoint celle du ministère de l'enseignement supérieur. Après trois ans d'application, dans un esprit tout à fait conforme à la décision rendue par le Conseil constitutionnel aujourd'hui, la loi sur les libertés et les responsabilités des universités se trouve ainsi confortée par la nouvelle procédure de question préalable de constitutionnalité. Voir aussi sur le blog, l'article Le Conseil constitutionnel examine le recrutement des universitaires.
The Constitutional Council was seized June 11, 2010 by the State
Council, in accordance with article 61-1 of the Constitution, a priority
issue of constitutionality (QPC) placed by MM. Jean C. and others. This issue was compliance with the rights and freedoms that the
Constitution guarantees the second paragraph of Item 4 of Article L. 712-2 of the Education Code and of Article L. 952-6-1. 952-6-1. The Constitutional Council has also
received the same day by the State Council, under the same conditions, a
priority issue of constitutionality raised by the Collective for the
Defence of the University and others. This issue was compliance with the rights and freedoms that the Constitution guarantees Articles L. 712-8 and L. 954-1 of the Code. The Constitutional Council has joined these two priority issues of constitutionality to rule by a single decision.Valerie Pecresse, Minister of Higher Education and Research, welcomed the decision of the Constitutional Council made today which confirms the compliance of new procedures for recruiting faculty members, instituted by the Act of August 10, 2007, to the Constitution and in particular the principle of independence of faculty members. Their creation is one of the cornerstones of the overhaul of universities engaged since 2007, to increase the transparency of recruitment procedures and fight against the risks of localism. At least half composed of academics from outside the establishment, selection committees ensure that recruitment of faculty members by their peers is done impartially on the basis of scientific excellence. More...




Rétroliens (0)
