Réussir la démocratisation de l’enseignement supérieur - l’enjeu du premier cycle
pcassuto | 29 avril, 2012 00:43
Mode de saisine: Autosaisine. Formation de travail désignée: Section de l'éducation, de la culture et de la communication. Texte original de la SAISINE SUR REUSSIR LA DEMOCRATISATION DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : L’ENJEU DU PREMIER CYCLE (Décision du Bureau du 13 décembre 2011 NS115010)
Les attentes d’un grand nombre de jeunes, de leurs familles et de la société dans son ensemble au regard des conditions d’accès à l’enseignement supérieur et de réussite des étudiants sont aujourd’hui très fortes. En effet, depuis la fin des années quatre-vingt, l’objectif du baccalauréat et de la poursuite des études est devenu la norme pour une majorité de jeunes français. Cependant, l’impossibilité pour une proportion significative des bacheliers d’accéder à l’enseignement supérieur et les difficultés de nombreux étudiants à trouver leur voie et à passer le cap de la première année sont des facteurs de déception et de forte inquiétude, en particulier dans une période où les niveaux de formation et de qualification sont déterminants tant pour la réussite professionnelle des individus que pour notre avenir collectif.
Dans sa contribution pour le Programme National de Réforme, notre assemblée soulignait combien l’objectif de 50% d’une classe d’âge sortant avec un diplôme de l’enseignement supérieur était négligé. Elle rappelait: « Cet objectif est essentiel en matière de développement économique durable, de citoyenneté, d’accès à la culture et d’emploi. » L’Union européenne, et donc notre pays, a en effet choisi de rechercher un très haut niveau de qualification de sa population comme une des principales garanties de la prospérité et de la cohésion sociale futures.
Or, avec environ 40% de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur par génération, nous sommes encore loin du compte. Non seulement, cette proportion n’augmente pas mais elle tend aujourd’hui à régresser (les sortants avec un diplôme de l’enseignement supérieur ont représenté 43% des cohortes 2002-2004 et 41% des cohortes 2005-2007).
Comme le soulignait la contribution au PNR, cette question renvoie bien sûr à la stagnation du pourcentage de jeunes atteignant le niveau baccalauréat mais elle invite aussi à interroger le fonctionnement de notre enseignement supérieur et singulièrement des Universités. La difficulté actuelle d’accueillir un plus grand nombre d’étudiants, de bien les former, d’assurer leur réussite et leur insertion professionnelle est sans doute un des principaux points aveugles des réformes institutionnelles intervenues ces dernières années.
Or l’échec intervient massivement dans le premier cycle: 33% des étudiants du supérieur quittent la filière initiale d’inscription à l’issue de la première ou de la deuxième année et 19% sortent sans diplôme autre que le baccalauréat. Par ailleurs, la réussite des étudiants connaît des différences importantes selon les voies dont ils sont issus, au bénéfice essentiellement du baccalauréat général. Ainsi, en 2009, le taux de réussite à la licence en trois ans, à l’Université, était de 44% pour les bacheliers généraux et de 10% pour les bacheliers technologiques. Le taux de réussite aux BTS en deux ans était de 77% pour les bacheliers généraux, de 57% pour les bacheliers technologiques et seulement de 40% pour les bacheliers professionnels.
Cette situation nécessite que soient interrogées les politiques mises en oeuvre dans l’enseignement supérieur et notamment le plan licence et les financements des établissements. Les modalités de la prise en charge pédagogique des étudiants, de leur suivi et de leur encadrement en premier cycle feront l’objet d’un examen approfondi tout comme celles de leurs conditions de vie et d’études. Il importera aussi d’analyser l’offre de formation, le contenu, l’organisation des diplômes de premier cycle et la prise en compte de la préparation à la vie professionnelle. Enfin, les conditions d’une meilleure valorisation des activités d’enseignement dans les politiques universitaires seront envisagées comme un aspect essentiel de cette première étape de la réflexion.
Le questionnement doit également porter sur l'organisation de l'enseignement supérieur et de ses différentes filières (Université, CPGE, IUT, STS, apprentissage...) sur leur implantation territoriale et leur accessibilité.
Il importe de façon complémentaire que l'on examine l'articulation du lycée et de ses différentes voies avec l'enseignement supérieur et l'orientation des lycéens, en accordant une attention particulière aux évolutions de ces dernières années mais aussi en se penchant sur les phénomènes d’interruption et de reprise d'études. L’information, les systèmes d’orientation et les critères de choix des jeunes dans l’enseignement supérieur seront au centre de cette problématique.
Le sujet implique enfin une analyse sur l’aval du premier cycle, que ce soit sur la conception des masters ou l'insertion professionnelle et la carrière des jeunes diplômés.
Le Bureau a décidé de confier à la section de l’éducation, de la culture et de la communication la préparation d’un rapport et d’un avis sur cette question qui pourrait faire l’objet d’une présentation en séance plénière au cours du premier semestre 2012.
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Jean-Louis Mucchielli.
Questions à M. Jean-Louis MUCCHIELLI, Directeur général de la Direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle (DGESIP), auditionné par la Section de l'éducation, de la culture et de la communication dans le cadre de la préparation de son avis intitulé: "Réussir la démocratisation de l’enseignement supérieur - l’enjeu du premier cycle". Voir la vidéo.
Questions à Louis Vogel.
Questions à M. Louis VOGEL, Président de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), auditionné par la Section de l'éducation, de la culture et de la communication dans le cadre de l'avis intitulé : "Réussir la démocratisation de l’enseignement supérieur : l’enjeu du premier cycle". Voir la vidéo.
Voir aussi Les formations par apprentissage: un outil au service d’une démocratisation de l’enseignement supérieur, Accès à l'enseignement supérieur en France : une démocratisation réelle mais de faible ampleur.Questions à M. Jean-Louis MUCCHIELLI, Directeur général de la Direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle (DGESIP), auditionné par la Section de l'éducation, de la culture et de la communication dans le cadre de la préparation de son avis intitulé: "Réussir la démocratisation de l’enseignement supérieur - l’enjeu du premier cycle". Voir la vidéo.
Questions à Louis Vogel.
Questions à M. Louis VOGEL, Président de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), auditionné par la Section de l'éducation, de la culture et de la communication dans le cadre de l'avis intitulé : "Réussir la démocratisation de l’enseignement supérieur : l’enjeu du premier cycle". Voir la vidéo.
Le Bureau du Conseil a décidé de confier à la section de l’éducation, de la culture et de la communication la préparation d’un rapport et d’un avis sur cette question qui pourrait faire l’objet d’une présentation en séance plénière au cours du premier semestre 2012.
Or, avec environ 40% de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur par génération, nous sommes encore loin du compte. Non seulement, cette proportion n’augmente pas mais elle tend aujourd’hui à régresser (les sortants avec un diplôme de l’enseignement supérieur ont représenté 43% des cohortes 2002-2004 et 41% des cohortes 2005-2007).
Cette question renvoie bien sûr à la stagnation du pourcentage de jeunes atteignant le niveau baccalauréat mais elle invite aussi à interroger le fonctionnement de notre enseignement supérieur et singulièrement des Universités. La difficulté actuelle d’accueillir un plus grand nombre d’étudiants, de bien les former, d’assurer leur réussite et leur insertion professionnelle est sans doute un des principaux points aveugles des réformes institutionnelles intervenues ces dernières années.
Or l’échec intervient massivement dans le premier cycle: 33% des étudiants du supérieur quittent la filière initiale d’inscription à l’issue de la première ou de la deuxième année et 19% sortent sans diplôme autre que le baccalauréat.
Par ailleurs, la réussite des étudiants connaît des différences importantes selon les voies dont ils sont issus, au bénéfice essentiellement du baccalauréat général.
Ainsi, en 2009, le taux de réussite à la licence en trois ans, à l’Université, était de 44% pour les bacheliers généraux et de 10% pour les bacheliers technologiques. Le taux de réussite aux BTS en deux ans était de 77% pour les bacheliers généraux, de 57% pour les bacheliers technologiques et seulement de 40% pour les bacheliers professionnels.
Le CESE souhaite donc réfléchir sur les politiques mises en œuvre dans l’enseignement supérieur et notamment le plan licence et les financements des établissements.
Les modalités de la prise en charge pédagogique des étudiants, de leur suivi et de leur encadrement en premier cycle feront l’objet d’un examen approfondi tout comme celles de leurs conditions de vie et d’études.
Il importera aussi d’analyser l’offre de formation, le contenu, l’organisation des diplômes de premier cycle et la prise en compte de la préparation à la vie professionnelle. Enfin, les conditions d’une meilleure valorisation des activités d’enseignement dans les politiques universitaires seront envisagées comme un aspect essentiel de cette première étape de la réflexion.
Le questionnement doit également porter sur l'organisation de l'enseignement supérieur et de ses différentes filières (Université, CPGE, IUT, STS, apprentissage...) sur leur implantation territoriale et leur accessibilité. Il importe de façon complémentaire que l'on examine l'articulation du lycée et de ses différentes voies avec l'enseignement supérieur et l'orientation des lycéens, en accordant une attention particulière aux évolutions de ces dernières années mais aussi en se penchant sur les phénomènes d’interruption et de reprise d'études.
L’information, les systèmes d’orientation et les critères de choix des jeunes dans l’enseignement supérieur seront au centre de cette problématique. Le sujet implique enfin une analyse sur l’aval du premier cycle, que ce soit sur la conception des masters ou l'insertion professionnelle et la carrière des jeunes diplômés.
Mode henvisning: Self-henvisning. Dannelse af udpegede arbejde: Sektion for Uddannelse, Kultur og Kommunikation. Oprindelig tekst af succesen REFERENCE Demokratisering af VIDEREGÅENDE UDDANNELSER: Udstedelsen af den første runde (Præsidiets afgørelse af 13 December 2011 NS115010)
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