L'impact économique local de l'enseignement supérieur
pcassuto | 01 avril, 2010 23:50
Par Muriel Weiss. Avec 2,3 millions d'étudiants et 83 universités répartis sur l'ensemble
du territoire, la France dispose d'un atout économique incontestable.
Les nombreux universitaires présents le 31 mars autour d'une table ronde
à Paris ont souhaité évaluer l'impact économique local de
l'enseignement supérieur. La tâche s'avérait ardue car les critères
d'évaluation sont nombreux. Le secrétaire général de l'Association des
villes universitaires de France (Avuf), Pierre Albertini, en a cependant
énoncé quelques-uns. En premier lieu, les dépenses des étudiants et du
personnel universitaire permettent d'anticiper une source de revenus
pour le territoire sur lequel est implantée l'université. Ainsi, une étude
réalisée par Ipsos pour le Crédit agricole en septembre 2009
établissait que la dépense moyenne des étudiants était de 521 euros par
mois. Un chiffre auquel il faudrait ajouter les créations d'emplois
ainsi que les dépenses de fonctionnement et d'investissement de
l'enseignement supérieur. Mais, comme le souligne Michel Vernières, dans
son rapport
publié en 2007, l'évaluation des dépenses universitaires est
particulièrement délicate à réaliser : "La première difficulté provient
de la diversité des entités institutionnelles (universités, écoles,
laboratoires…) et la seconde est d'imputer les dépenses aux diverses
branches de l'activité économique en localisant les fournisseurs afin de
calculer la part des dépenses réalisées localement." Le rapport
souligne également que l'enseignement supérieur a un impact
démographique mais aussi culturel, un effet sur le marché du travail et
qu'il peut être un atout pour les politiques urbaines. Autant d'éléments
qui devraient motiver les territoires à accueillir des universités.
Mais les obstacles sont encore nombreux. Si le plan Campus a permis de
soutenir 12 pôles universitaires d'excellence et 9 campus "prometteurs
et innovants" avec près de 5,5 milliards d'euros débloqués par l'Etat
(voir notre article ci-contre), il n'a distingué, selon certains élus,
que les grandes universités, laissant souvent de côté les petites
entités décentralisées. Or, comme le souligne Priscilla De Roo, chargée
de mission à la Datar (délégation interministérielle à l'aménagement du
territoire et à l'attractivité régionale), "les villes moyennes, de
30.000 à 200.000 habitants, sont souvent laissées dans l'ombre. Or,
elles sont un territoire d'intermédiation essentiel. Il faut arrêter de
polariser l'enseignement supérieur". Pierre Albertini s'inquiète
d'ailleurs de l'avenir de certaines villes qui dépend, selon lui, des
universités qu'elles accueillent, préoccupation d'ailleurs maintes fois
exprimée par la Fédération des maires des villes moyennes (FMVM) (lire
nos articles ci-contre). Le secrétaire général de l'Avuf reconnaît de
plus qu'"il ne suffit pas d'avoir une université, il faut qu'elle soit
spécialisée". Pour aider les collectivités locales à s'engager dans
cette voie, l'Avuf est en passe de signer une convention-cadre avec la
Conférence des présidents d'université (CPU) afin d'évaluer ensemble les
expériences locales ainsi que l'intégration citoyenne des étudiants
mais aussi de construire des schémas locaux d'enseignement supérieur,
qui viendront compléter les schémas territoriaux déjà existants.
By Muriel
Weiss. With 2.3 million students and 83 universities located
throughout the territory, France has an undeniable economic advantage.
The many academics present on March 31 around a round table in Paris
wanted assess the local economic impact of higher education. The task proved difficult because the criteria are numerous. The
Secretary General of the Association of university towns in France
(Avuf), Pierre Albertini, however, has stated a few. First, spending by students
and academic staff can anticipate a source of income for the area in
which the university is located. Thus, a study conducted by Ipsos for the Farm Credit in
September 2009 established that the average expenditure of students was
521 euros per month. A figure which
should be added job creation as well as operating costs and investment
in higher education. But, as pointed Vernieres Michel, in his 2007 report , the evaluation of university
expenditure is particularly difficult to achieve: "The first difficulty
is the diversity of institutional entities (universities, schools,
laboratories ...) and the second is to allocate expenses to various
branches of economic activity in locating providers in order to
calculate the share of expenditures made locally
. More...



Rétroliens (0)
