Du caractère pluri-ministériel de la formation des adultes
pcassuto | 22 mai, 2012 00:05
Cet imbroglio institutionnel a abouti à une sorte d’illisibilité permanente de l’objet même de la formation des adultes. L’évolution de la structure de l’appareil de formation continue est venue compliquer l’affaire alors qu’elle avait été la solution dans l’après-guerre. En effet les 50 000 opérateurs de formation continue (rappelons qu’il y a 1500 lycées professionnels et 1500 centres de formation d’apprentis) sont essentiellement des micro-structures spécialisées sur des publics selon leur statut, des dispositifs, des territoires, des métiers, des contenus voire des pédagogies… Soit une constellation de prestataires qui échappent à tout projet d’ensemble, à toute politique structurelle, à toute vision systémique…
Comment remédier à cette situation? D’abord en définissant l’éventail des politiques publiques qui nécessitent un apport en ressources sur le plan du développement des compétences de la population active ayant le moins bénéficié de l’école (salariés ou chômeurs). Puis en précisant la façon dont les pouvoirs publics peuvent obtenir des prestations de qualité de la part des organismes de formation. Sur le premier plan la vocation pluri-ministérielle des organismes de formation professionnelle d’adultes s’impose comme grille de lecture. Les ressources des opérateurs de formation doivent notamment contribuer à:
- - l’accompagnement de l’économie numérique,
- - la relance d’une nouvelle industrie technologiquement compatible avec les défis du développement durable,
- - la reconversion des salariés exerçant des métiers en obsolescence,
- - l’accélération de l’appropriation des compétences liées à l’économie verte et aux nouvelles technologies,
- - la transférabilité des acquis expérientiels vers les nouveaux secteurs.
Les organismes de formation susceptibles d’intégrer ces enjeux sont
dispersés dans l’ensemble des territoires et des secteurs mais ils
existent. Fédérer ce conglomérat suppose un pilotage régional en lien
avec de nombreux Ministère comme ceux du Travail, de l’écologie et du
développement durable, du redressement productif, de l’économie sociale
et solidaire, etc. en lien avec les organisations syndicales et
professionnelles.
Cette orientation va de pair avec une priorisation des fonds de la
formation continue relevant de l’obligation légale et des pouvoirs
publics favorisant une restructuration par bassin d’emploi de l’appareil
de formation concerné. Cette restructuration ne signifie pas la fusion
d’organismes de formation de statut différent mais l’impulsion de
partenariats innovants, passage obligé pour percevoir les fonds publics
et paritaires mobilisés à cet effet. La revitalisation des territoires,
l’appui au développement des PME innovantes, la diffusion des
compétences vertes, etc. nécessitent un rapprochement de moyens
budgétaires consacrés à la formation mais dispersés dans des logiques de
tuyaux d’orgue. L’objectif aujourd’hui est de moderniser sans exclure,
c’est-à-dire combiner les moyens de l’insertion et de la reconversion
avec les projets locaux et nationaux de mutations sectorielles,
environnementales, numériques et technologiques.




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