par Malgosia

 

 

          Un boulanger habitait dans un village à l’ouest de la Pologne, à côté du fleuve Warta. C’était un grand avare et tous ceux qui le connaissaient savaient qu’il était prêt à vendre sa mère pour un bon prix. Il avait aussi une auberge où il servait de la bière coupée avec de l’eau, un hydromel de pacotille et des repas préparés n’importe comment. Il trompait tout le monde sur tout. Finalement c’en était trop pour les habitants qui ont embauché un glouton afin de donner une leçon au boulanger. 
          Au bout d’un certain temps, un homme mystérieux frappa à la porte de l’auberge. Il avait une grande caisse et un sac d’or. Le nouveau venu s’arrêta à la porte de l’auberge et il annonça, qu’il voulait parier avec lui : « Je voudrais manger la plus mauvaise soupe que vous pourriez me préparer, mais après laquelle je ne serai pas malade ! » L’enjeu était un sac d’or pour l’auberge et la recette de cette soupe. Il y avait également la condition que le boulanger ne pourrait jamais plus préparer cette soupe, ni trahir la recette et de plus, il devrait déménager loin de ce village sous la menace d'une malédiction. Evidemment, le boulanger sentit une bonne affaire et il décida de préparer quelque chose d’indigeste. 
          Il mit dans la marmite le reste de liquide de farine de seigle pour préparer le pain noir, il mouilla d’eau bouillante et il ajouta un peu de légumes pour la colorer. Ensuite, il pris juste un peu de saucisson cru prêt à être fumé, ainsi pas encore bien assaisonné, il le mit dans la marmite tout en ajoutant un peu de champignon plus très frais et en remuant c’est tout il décida d'ajouter le reste de lardon qui était sec et malodorant. L’odeur de ce dernier était forte, donc pour le cacher le boulanger ajouta dans la marmite deux gousses d’ail et il fit bouillir tout cela. A la fin de la préparation, pour décorer sa soupe, il ajouta quatre feuilles d’arroche qui grandissait derrière l’auberge.                     
          Quel fut son étonnement, quand le nouveau venu finit de manger cette soupe avec appétit. Ce n'est pas tout : il demanda du rab et les habitants du village ont daigné la goûter. On constata que la soupe était excellente. Le boulanger avare a perdu son auberge et sa recette de soupe et  il dût déménager vers le sud de la Pologne. Il vendit sa boulangerie et il partit en Silésie en Pologne. Cependant ayant toujours été avare, il décida d’ouvrir une nouvelle auberge et servir sa soupe là bas. Malgré tout, il avait peur de la malédiction, donc il changea la base de la recette en utilisant le liquide de farine de blé. Le goût de la soupe était ressemblant à celui qu’il avait servi au nouveau venu. Naturellement, l’information sur la soupe se répandit très vite autour du pays. Et un jour le roi polonais, Jean III Sobieski, en rentrant de Vienne, s’arrêta dans l’auberge de l’avare pour goûter la Żurek [jourek], la soupe "qui était faite de rien".    
                 
          Si c’est vrai ou faux, jusqu’à aujourd’hui personne ne le sait, mais si vous voulez goûter cette bonne soupe, vous pouvez trouver sa recette facilement ci-dessous:

« Żurek, nouveau goût, que les Français acceptent »

 

 

 

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