20 mars, 2012 15:11
BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS
« Dubran, caielle, biloute »autant des mots qui nous sont peu familiers mais que les gens du Nord prononcent au quotidien.
Par Tristan
Réalisé par Dany Boon, Bienvenue chez les Ch’tis suit le trajet de Philip Abrams (Kad Mérad), directeur d’une agence de la Poste à Salon de Provence. Suite à l’échec de sa mutation à Cassis et soumis aux caprices de son épouse dépressive, Philip va jusqu’à se faire passer pour un handicapé auprès du service des ressources humaines de la Poste pour pouvoir cumuler des points et obtenir une destination idyllique sur la côte d’Azur. Mais à l’issue d’un entretien passé avec le Directeur des Ressources Humaines (DRH), Philip se trahit lui-même en se levant brusquement de son fauteuil roulant, sous le regard déconfit du DRH. La joie qu’il se faisait à l’idée de partir à Sanary sur Mer a eu raison de lui. La supercherie découverte, il est transféré dans le Nord Pas de Calais, « le Pôle Nord » comme l’appelle son fils, en guise de « mutation disciplinaire.» Et voilà où commence l’intrigue !
La finalité du film est de mettre les Français face à leur propre ostracisme. Nous découvrons ainsi tous les stéréotypes et les idées reçues possibles et inimaginables projetés sur les Ch’tis : le manque de raffinement de leurs manières, leur dialecte barbare, les températures glaciales qui sévissent en toute saison et la pluie interminable. Et pour noircir encore un peu plus le tableau, les gens du sud se fabriquent l’image d’une région qui ne s’est jamais remise du déclin de l’industrie minière. Un peu comme le mauvais sort qui s’abat fatalement sur les plus infortunés, des trombes de pluie se déversent sur le capot de la voiture de Philip si tôt qu’il dépasse le panneau qui triomphalement annonce : ‘Bienvenue dans le Nord Pas de Calais !’
Cependant, entre deux rires nous découvrons également que les Ch’tis n’étaient guère ceux que Philip avait imaginés auparavant. En fait, le film est un plaidoyer vibrant pour la tolérance sur fond de toile humoristique. Au lieu d’être des barbares incultes comme prévu, ses collègues et les gens de la ville de Bergues sont conviviaux et dignes.
«Peut-être avons-nous plus besoin de rire maintenant que de pleurer», suggéra une femme lorsque j’étais en train de faire la queue pour acheter mon billet de cinéma. J’ai trouvé la réflexion pertinente, et cela m’a permis de m’évader quelques instants au lieu de penser à l’invincible distance qui me séparait de la porte d’entrée du cinéma. Il y avait foule ce soir-là, tellement de monde semblait avide de les rencontrer, ces Ch’tis, il a même fallu que je m’y prenne à deux fois pour avoir le privilège de connaître ces mystérieuses créatures venues du grand nord. Car en effet, mon premier essai s’est soldé par un décevant « c’est complet messieurs-dames, veuillez acheter vos billets en pré-vente pour assister à la prochaine séance.» Moi qui déteste attendre, ils se sont fait désirer ces Ch’tis. Mais tout bien réfléchi, le jeu en valait la chandelle !
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[Cinéma
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La finalité du film est de mettre les Français face à leur propre ostracisme. Nous découvrons ainsi tous les stéréotypes et les idées reçues possibles et inimaginables projetés sur les Ch’tis : le manque de raffinement de leurs manières, leur dialecte barbare, les températures glaciales qui sévissent en toute saison et la pluie interminable. Et pour noircir encore un peu plus le tableau, les gens du sud se fabriquent l’image d’une région qui ne s’est jamais remise du déclin de l’industrie minière. Un peu comme le mauvais sort qui s’abat fatalement sur les plus infortunés, des trombes de pluie se déversent sur le capot de la voiture de Philip si tôt qu’il dépasse le panneau qui triomphalement annonce : ‘Bienvenue dans le Nord Pas de Calais !’
Cependant, entre deux rires nous découvrons également que les Ch’tis n’étaient guère ceux que Philip avait imaginés auparavant. En fait, le film est un plaidoyer vibrant pour la tolérance sur fond de toile humoristique. Au lieu d’être des barbares incultes comme prévu, ses collègues et les gens de la ville de Bergues sont conviviaux et dignes.
«Peut-être avons-nous plus besoin de rire maintenant que de pleurer», suggéra une femme lorsque j’étais en train de faire la queue pour acheter mon billet de cinéma. J’ai trouvé la réflexion pertinente, et cela m’a permis de m’évader quelques instants au lieu de penser à l’invincible distance qui me séparait de la porte d’entrée du cinéma. Il y avait foule ce soir-là, tellement de monde semblait avide de les rencontrer, ces Ch’tis, il a même fallu que je m’y prenne à deux fois pour avoir le privilège de connaître ces mystérieuses créatures venues du grand nord. Car en effet, mon premier essai s’est soldé par un décevant « c’est complet messieurs-dames, veuillez acheter vos billets en pré-vente pour assister à la prochaine séance.» Moi qui déteste attendre, ils se sont fait désirer ces Ch’tis. Mais tout bien réfléchi, le jeu en valait la chandelle !
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