04 janvier, 2010 16:51
Imaginerium du docteur Parnassus
Par Elias Güthlein
Avec sa mort le 22 Janvier 2008, Heth Ledger est sans doute entré dans le Panthéon tragique de la jeunesse, comme Marilyn Monroe ou James Dean. Après ses rôles inoubliables dans "Broke Back Mountain" et "The Dark Knight", son dernier film "L’Imaginerium du docteur Parnassus" était attendu avec beaucoup d'attention.
Le film
Dans le Londres d’aujourd’hui un groupe de théâtre folklorique invite des passants à entrer par un miroir dans l’Imaginarium du docteur Parnassus. Le Docteur Parnassus (Christopher Plummer) le maître de l’imagination avait reçu le don d’immortalité dans un concours avec Mr Nick (Tom Waits), le diable. Pour regagner sa jeunesse, le millenaire Parnassus a échangé sa fille (Lily Cole) comme prix dans un autre jeu diabolique. Mais grâce à l'étrange Tony (Heath Ledger) l’entreprise n’est pas encore perdue...
Réalisateur
Terry Vance Gillam (22.11.1940) faisait partie du groupe de Monty Pythonà partir de 1969, comme acteur et réalisateur. Avec ses films „Brazil“ (1985) et „L’Armée des douze singes“ (1995) , Gilliam a établi de nouvelles échelles cinématographiques.
„Un film des amis de Heath Ledeger“
Bien que l’acteur Heath Ledger soit mort pendant le tournage, JohnnyDepp, Collin Farell et Jude Law reprennent le rôle avec facilité et donnent au film simultanément une nouvelle profondeur philosophique. Les autres acteurs sont également convaincants.
Christopher Plummer et Tom Waits sont des antagonistes parfaits et Lily Cole brille dans son premier rôle principal.
Un film pour tous et pour personne
"L’Imaginarium du docteur Parnassus" est tout d’abord un film de contrastes. Il y a une confusion entre réalité et fiction. Ainsi des scènes poétiques se confrontent à des images numériques devant la ville moderne de Londres. Le résultat est une réalité grotesque et artificielle, dans laquelle Terry Gilliam montre aussi une critique du divertissement.
Avec de nombreuses allusions à la littérature (Les Frères Grimm, Faust), les mythes (le mont Parnasse) et l’art (Botticelli), le film n’est pas seulement visuellement enrichissant.
Pour conclure, l’ensemble de la mise en scène, les costumes, le décor et les acteurs donnent au film la distinction d’un chef d’oeuvre.
Bande-annonce du film :
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18918634&cfilm=131723.html
Critique et fiche du film :
Catégories [Cinéma ]
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01 juin, 2009 23:54
« KATYŃ » DEUX HEURES DE MEMOIRE APRÈS 70 ANS DE TABOU
par Malgosia
Première scène
C’est la fin de l’hiver 1940. Dans une petite gare au bord de la forêt, quelque part à l’est de la Pologne, commence une action de chargement d'officiers polonais dans un train de marchandises. Il fait très froid. La neige tombe avec nostalgie sur la terre et sur les têtes les prisonniers de guerre. Bien qu’ils soient des prisonniers de guerre, ils sont encore vivants. Bien qu’ils espèrent encore aller dans des camps dans le pays, dans quelques minutes leurs vies vont partir dans le train vers la mort…
Mais pour bien comprendre les destins de ces personnes, il faut plonger dans l’histoire de l’Europe au début de 19e siècle et les conséquences du système soviétique dans l’Europe jusqu'à aujourd'hui, car la distribution du film dans les pays de l'Europe rencontre encore beaucoup de difficultés. Aussi en Pologne, dans un contexte doublement sensible à cause de la campagne interne de vérification du passé, qui ressemble à la chasse aux derniers communistes et les tensions avec le grand voisin, ex-frère – le Russe, l’œuvre du Andrzej Wajda n’est pas à l’abri de l’instrumentalisation par le gouvernement actuel. Malgré ces faits, Andrzej Wajda, rempli d’espoir que son œuvre trouvera la compréhension en Europe, a utilisé, pour ainsi dire, une perspective simple pour raconter cette histoire exceptionnelle et invraisemblable, une perspective de l’amour qui chaque jour ajoute la puissance dans l’attente et la survivance. Il a créé un récit simple, car il ne faut pas apprendre qu'en Pologne ce qui s’est passé à Katyn en 1940, mais aussi en dehors de frontières polonaises pour éviter des massacres semblables à l’avenir.
Le contexte historique:
Au début de 1940, la Pologne est prise donc entre les deux feux des armées des allemands et soviétiques. Des dizaines de milliers de Polonais sont en prison. Les Allemands nazis emmènent les soldats polonais alors que le service secret soviétique de NKVD déportent des officiers polonais, (parmi lesquels étaient de nombreux étudiants car le système de conscription les incorporait systématiquement dans l’armée de réserve), et les membres de l’élite civile polonais (professeurs, médecins, avocats). Environ 15.000 d’individus nommés « l’élite de la nation et la fleur de la culture polonaise ». Sur la base de recherches et d’investigations des médecins du crime et de chercheurs internationaux et indépendants dans la forêt de Katyn, on reconnut que chaque personne avait été d’abord ligotée séparément, puis placée sur le bord de la fosse et ensuite exécutée par une balle dans la nuque. Environ 15 000 personnes furent assassinés dans les forêts de Kharkow, Miedwoje, Bykowinia,Kuropaty, et de Katyn (4410 assassinés), dont les familles attendent toujours des informations, parce que l’espoir du retour de leur proche est mort.
Il n’y a toujours pas de certitude sur combien d’entre eux furent en réalité assassinés par la décision prise par Staline à Moscou le 5 mars 1940. Il n’y pas de certitude sur l’exécution des prisonniers du camp de concentration de Kozielsk à côte de Smolensk ou ailleurs. Où se trouvent les tombes en plus des 7000 polonais disparus, qui étaient au début de 1940 dans les camps soviétiques. Sont-il à Bykownia, prés de Kijow, ou à Kuropaty, à côté de Minsk ? Peut-être dans d’autres lieux, où ils ont été transportés avec les prisonniers polonais arrivés au printemps 1940.
Il y a toujours beaucoup de questions sans réponse.
Le mot du réalisateur
« Je ne voulais pas faire un film seulement historique, ou politique, mais sur la souffrance et le deuil », explique Andrzej Wajda. « Je ne voudrais pas tout de même que le film Katyn soit ma recherche personnelle de la vérité, tel un cierge allumé sur la tombe du capitaine Jakub Wajda. Puisse ce film raconter la souffrance et le drame de nombreuses familles de Katyn. Puisse t-il parler de ce mensonge qui triomphe maintenant au-dessus de la tombe de Staline, et qui a assigné au silence La Grande Bretagne et les Etats-Unis, les Alliés de Staline de l’époque dans la guerre contre Hitler.
Je sais que la jeune génération avec toute son ardeur et tout à fait consciemment s’éloigne de notre passé. Occupée par le quotidien, elle oublie les noms et les dates qui, que nous le voulions ou pas, nous construisent comme nation, avec toutes nos peurs, nos fragilités faisant surface aux moments opportuns ».
Derrière scène
Fiche artistique et technique :
Une production Akson Studio, Telewizja Polska, Telekomunikacja Polska avec le soutien de l’Institut Polonais du cinéma.
www.katyn-lefilm.fr
www.dailymotion.com/video/x3srxw_le-massacre-de-katy_events
www.fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Katy%C5%84
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14 mai, 2009 23:08
A PROPOS DE « WELCOME »
Si la solidarité devient un délit
Par Careen Dankers
Le film
Des clandestins, «Sans papiers» ou réfugiés venus pour certains des pays de l'Est, s'entassent dans les environs du port de Calais afin de rejoindre la Grande-Bretagne, pays qu'ils considèrent comme un "Eldorado". Bilal est l'un d'eux, il vient de traverser l'Europe en trois mois afin de traverser la Manche pour retrouver celle qu'il aime. Elle est partie de son pays légalement grâce à son père qui vit en Angleterre depuis quelques années. Aidé par ses compatriotes qui tentent eux-mêmes la traversée via les camions de marchandises, Bilal échoue à passer. Refoulé dans la ville française, il erre pour trouver une solution. Il s'inscrit vite aux leçons de natation de Simon,un quadragénaire sur le point de divorcer. Ce dernier, dans l'espoir de reconquérir sa femme qui s'investit elle-même dans les causes humanitaires, décide d'aider le jeune homme, et cela au mépris de certaines lois. Pour la première fois Simon s'intéresse à l'autre, à l'Etranger, un voyage qui lui permettra de s'interroger sur lui-même.
Le réalisateur
Philippe Lioret est le réalisateur de ce film. Après son dernier film «Je vais bien, ne t’en fais pas» il y a deux ans, il revient avec un récit touchant, juste et sincère. Son cinéma ne souffre pas de la justesse. Justesse des portraits humains, que ce soit du refugié Bilal comme du maître-nageur Simon, les deux personnages principaux. Mais aussi ceux des deux personnages féminins, Mina, la jeune femme kurde dont Bilal est amoureux mais qui est promise à un autre, et Marion, la future ex-épouse que Simon n'a pas su retenir auprès de lui. Le thème principal dans « WELCOME » est la situation actuelle des personnages réfugiés dans tous ses sens: la politique, la discriminationpar les habitants etc. Mais le vrai cœur du film se trouve dans le regard de Simon, un regard sur le monde, entre autre celui qu'il porte sur sa femme tout autant que celui qu'il porte sur Bilal, qui changera alors que sa stabilité sociale basculera. Car la mise en danger de l'individu est ce qui révèle la nature profonde des êtres, ici la générosité de Simon. Une générosité dont lui-même se croyait incapable, une générosité qui lui a fait défaut dans sa relation de couple.
La situation actuelle
Le film aborde par l'entremise de l'anecdote, celle du refus àl 'entrée d'une superette de deux étrangers clandestins, le racisme latent d'unepopulation française qui se refuse à voir l’incertitude dans laquelle sont placés ces « sans-papiers », légalement libres selon les lois françaises de l'asile politique, mais qui ne peuvent bénéficier d'aucuneattention de la part des citoyens français, attitude punie par ces mêmes lois françaises. Un paradoxe qui crée une situation insoluble et catastrophique pour ces personnes qui ne peuvent, quand bien même ils le désireraient, repartir chez eux.
Heureusement, il y a aussi des gens, des associations qui veulent se soucier du destin des personnes en situation irrégulière. Mais leur aide d’accueillir, d’accompagner est devenu un délit, une chose criminelle. Les bénévoles sont mis en garde à vue par les policiers, pour certain délit d’aide aux personnes en situation irrégulière.
En même temps, les objectifs du Ministre de l’Immigration augmentent :
Objectif chiffré de reconduites à la frontière pour 2010 : 28 000
Objectif chiffré d’interpellations d’aidants pour 2010 : 5500 (Source : Loi de finances 2009)
Mon avis sur le film
Bien que « WELCOME » soit bien romantique, avec deux histoires d’amours, cela ne fait pas de tort au film. En contraire, en fait le sens humain est renforcé et encore accentué par rapport à l’amour. La fin du film peut être reçue de manière abrupte et discutable, mais suit quand même l’ensemble de ce qui précéde.
Aujourd’hui ma situation - en tant qu'étrangère - ne ressemble guère à la situation d’une personne « sans papiers ». Autant, d’arriver dans un pays étranger, sans famille et sans amis, ne pas parler la langue, ne pas connaitre la culture, tout cela a déjà été dur à vivre. Cependant, moi j’ai la chance de bien m’intégrer, à ma façon, comme et quand cela me convient. Par contre, une personne « sans papier » qui a dans le mode de survivre, qui est une victime de la guerre, qui a vu s’effondrer sa vie complètement. Cette personne est accueillie comme s’il était un criminel de guerre lui-même, dans un sens inhumain et sans aucun respect… Je trouve cela insupportable. Il faudrait que les autorités vivent une pleine semaine dans la misère d’une personne « sans papiers ». Je ne doute pas qu’ils changent leur opinion et leur comportement après. Heureusement, il y a encore beaucoup de gens solidaires et sincères accueillant et disant « WELCOME ».
Allez voir ce film et faites vous votre propre point de vue !
La bande annonce
http://www.dailymotion.com/video/x8mgxh_welcome-la-bande-annonce-de-la-sema_shortfilms Catégories [Cinéma ][ (0) Commenter ] | [ (0) Rétroliens ]
14 mars, 2008 11:40
BIENVENUE CHEZ LES CH'TIS
La finalité du film est de mettre les Français face à leur propre ostracisme. Nous découvrons ainsi tous les stéréotypes et les idées reçues possibles et inimaginables projetés sur les Ch’tis : le manque de raffinement de leurs manières, leur dialecte barbare, les températures glaciales qui sévissent en toute saison et la pluie interminable. Et pour noircir encore un peu plus le tableau, les gens du sud se fabriquent l’image d’une région qui ne s’est jamais remise du déclin de l’industrie minière. Un peu comme le mauvais sort qui s’abat fatalement sur les plus infortunés, des trombes de pluie se déversent sur le capot de la voiture de Philip si tôt qu’il dépasse le panneau qui triomphalement annonce : ‘Bienvenue dans le Nord Pas de Calais !’
Cependant, entre deux rires nous découvrons également que les Ch’tis n’étaient guère ceux que Philip avait imaginés auparavant. En fait, le film est un plaidoyer vibrant pour la tolérance sur fond de toile humoristique. Au lieu d’être des barbares incultes comme prévu, ses collègues et les gens de la ville de Bergues sont conviviaux et dignes.
«Peut-être avons-nous plus besoin de rire maintenant que de pleurer», suggéra une femme lorsque j’étais en train de faire la queue pour acheter mon billet de cinéma. J’ai trouvé la réflexion pertinente, et cela m’a permis de m’évader quelques instants au lieu de penser à l’invincible distance qui me séparait de la porte d’entrée du cinéma. Il y avait foule ce soir-là, tellement de monde semblait avide de les rencontrer, ces Ch’tis, il a même fallu que je m’y prenne à deux fois pour avoir le privilège de connaître ces mystérieuses créatures venues du grand nord. Car en effet, mon premier essai s’est soldé par un décevant « c’est complet messieurs-dames, veuillez acheter vos billets en pré-vente pour assister à la prochaine séance.» Moi qui déteste attendre, ils se sont fait désirer ces Ch’tis. Mais tout bien réfléchi, le jeu en valait la chandelle !
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